L’amour qui va jusqu’à la croix

L’amour qui va jusqu’à la croix

On a beaucoup galvaudé le mot amour. On en a fait des chansons et des statuts de réseaux sociaux. Il a fini par peser aussi léger qu’un like.

Mais il existe un autre amour. Celui qui coûte. Celui qui va là où personne d’autre n’ose aller. Celui qui tient bon quand ça devient difficile, douloureux, incompréhensible.

Cette semaine, nous allons explorer cet amour-là.

Il y a 2 700 ans, un poète hébreu a écrit des textes étranges; des portraits d’un personnage mystérieux qu’il appelait « le Serviteur ». Ce Serviteur est élu, aimé de Dieu, porteur d’une mission universelle. Mais il souffre. Il doute. Il dit un jour : « C’est en vain que j’ai travaillé. » Et malgré tout, il avance. Il présente son dos à ceux qui frappent. Il reste debout.

Les textes d’Ésaïe 42, 49, 50 ont été écrits bien avant Jésus. Et pourtant, quand on les lit à la lumière de la semaine sainte, on a l’impression de lire le scénario d’une pièce dont on connaît déjà le dénouement. Comme si quelqu’un avait tout prévu. Comme si cet amour était un plan porté de toute éternité, bien avant le désastre humain. Un plan dont le point culminant se passe le vendredi saint.

Ce vendredi-là, Jésus de Nazareth est crucifié. Jean, qui était présent, raconte la scène avec sobriété : juste les faits et quelques détails qui changent tout.

Il note, par exemple, que Jésus porte lui-même sa croix. Qu’un titre est cloué au-dessus de lui en trois langues : « Le Roi des Juifs ». Que des soldats tirent au sort ses vêtements. Que sa mère est là, au pied de la croix.

Et que ses dernières paroles sont : « Tout est accompli. » Un cri de victoire.

Qu’est-ce qui est accompli, au juste ? Tout ce que l’amour avait promis. Tout ce que la justice réclamait. Tout ce que l’espérance humaine attendait sans oser y croire vraiment.

Nous vous invitons cette semaine à écouter ces textes. Comme des lettres qui vous sont adressées. Peut-être cherchez-vous encore vos mots pour parler de Dieu. Peut-être avez-vous pris de la distance avec la religion depuis longtemps. Peut-être traversez-vous une période où Dieu vous semble absent, silencieux, ou lointain.

Ces textes vous rejoignent là où vous êtes. Le Serviteur d’Ésaïe dit lui-même : « C’est en vain que j’ai travaillé. » Le doute fait partie de cette histoire.

Et cette histoire a une fin. Ou plutôt, un commencement.

Pasteur Toky RAKOTO ANDRIANAVONY

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